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hope it's a phase or something || LISON

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MessageSujet: hope it's a phase or something || LISON   Jeu 17 Mar - 22:29
adriel lison minoson
mais tu peux l'appeler Lison tout court — il a dix-sept ans trois quarts très exactement — Lison est né en Russie, dans les massifs Sibériens non loin de Oïmiakon, l'une des villes les plus froides du pays — russe donc — même si l'on considère les harpies comme des créatures malveillantes, Lison n'est au final que le descendant d'une longue lignée d'hybrides mi-humains mi-aigles
Lison il a l’air tout doux, absolument fluffy, Lison, il beau ronronner quand on le gratte sous le menton, c’est pas un chaton pour autant. Parce que déjà, on ne l’approche pas. Lison il est farouche, il a toutes ses plumes qui se hérissent lorsqu’on se risque à poser un pied dans son espace vital. Alors ça grogne, ça montre les crocs, et ça décampe en vitesse. Lison c’est cette petite bestiole qui a l’air de ne pas vous aimer, sans que vous sachiez pourquoi, celle qui va vite se cacher quand vous débarquez, c’est presque vexant.

Méfiant. Forcément. Parce que vous avez toujours été étranges pour lui, c’est vous la créature intrigante dans l’histoire. Mais curieux, tellement curieux, c’en est maladif. Parce qu’il vous adore secrètement. Il vous envie, Lison, il est prêt à se couper les ailes pour vous ressembler un peu plus. La Petite Sirène version harpie, qui a toujours rêvé d’appartenir à un autre monde. Quelqu’un a réussi à le convaincre il y a longtemps que c’était plutôt jolie, une harpie, mais il ne peut pas s’empêcher de vouloir en apprendre toujours plus sur vos habitudes, de vouloir goûter toujours plus de mets, de vouloir observer toujours plus de comportements intrigants.

Pour ça qu’il n’arrive pas à rester bien longtemps dans son coin et qu’il finit par baisser sa garde, systématiquement. Et quand on commence à le connaître, on pourrait presque le trouver normal. Il a ses humeurs, comme vous et moi, ces heures où ça pétille dans ses yeux, où il se sent de vous jouer des tours, espiègle, et puis ça s’arrête tout à coup. Fini de s’amuser, il a plus envie, plus envie qu’on lui parle, il cette mine agacée qui donne envie de l’embêter jusqu’à ce qu’il s’énerve. Et entre les deux extrêmes, un panel démesuré d’émotions, qu’on devine dans ses yeux à chaque fois, si faciles à déchiffrer, au point que ça l’agace. Cet air fasciné quand on lui raconte des phénomènes tout à fait banals, ces sourcils qui se froncent dès que quelque chose le dérange ou le déstabilise.

Rien que ces manies étranges qui vous rappellent ce qu’il est : sa tendance à voler des trucs aux gens qu’il commence à connaître, à garder des petits objets sans importance à vos yeux mais qui sont des trésors pour lui, sa répulsion pour les légumes qui lui filent la nausée, son goût pour la viande rouge et les œufs crus.
Weirdo.
Dans les livres, on vous dira que les harpies sont des hybrides de jeunes filles et d’aigles, souvent laides et repoussantes.

Bullshit.

Déjà, contrairement à ce qu’on raconte, il n’existe pas que des harpies femelles. Malgré son pelage rouge carmin tirant sur le rose, Lison c’est un garçon. Ensuite, on peut dire que pour une harpie, il a une jolie face. Si ce n’est pas son physique étrange qui accroche votre regard en premier, ce seront sûrement ses yeux ambres lumineux comme tout, qui brillent même la nuit. Ce qui vous désemparera ensuite, ce seront les plumes. Toutes douces impeccables jusqu’au bout de ses longues ailes, magenta pour la plupart, mises à part celles qui couvrent le haut de ses jambes jusqu’à sa taille, qui sont anthracites comme ses cheveux.

Et puis les pattes robustes, les serres acérés, les doigts crochus, les crocs aiguisés. On a tendance à zapper le coté prédateur du spécimen, mais faut pas oublier que Lison il te chope en plein vol un bébé caribou easy peasy et que la bestiole fait pas long feu. Même s’il est plutôt petit pour une harpie, c’est déconseillé de le lui rappeler, il a d’autres moyens d’intimider.
« Petit, tout petit Lison, méfie-toi du monde entier. Ne t’approche pas de tout ce qui a deux jambes, deux bras, et une peau dépourvue de plumes, évite tout ce qui est trop différent de toi. Car après tout, savais-tu que les humains avaient une bouche assez grande pour te dévorer en un seul coup de dent ? Sous ces airs fragiles se cachent d’horribles monstres, Lison. Leurs griffes ne se trouvent pas au bout de leurs doigts, ils n’en ont pas pour ainsi dire, alors ils les fabriquent eux-même, et s’arment tous de lames plus tranchantes que nos serres encore, capables de couper dans la pierre comme dans du beurre. Ne baisse jamais ta garde, ne te risque pas à poser une patte sur leur territoire, car chez eux, le sol est leur royaume, et s’ils parviennent un jour à t’y faire descendre, abandonne tout espoir de t’envoler à nouveau. Les femmes aiment parer leurs cheveux de nos plumes, les hommes portent nos dents autour du cou comme des trophées. Et méfies-toi des enfants même, car… »

— Vous leur donnez nos yeux pour jouer aux billes !
— … PFFOUHAHAHAHA !

Sa mine se froisse dans une moue contrariée, il est vexé le Lison, vexé à cause de son ami qui s’amuse de son histoire censée être effrayante.

— Y a rien d’drôle !!
— Sérieusement Lison ? On te racontait vraiment ça quand t’étais petit ?
— Oui… Quoi ? C’est vrai, non ?

Une étincelle de confusion, éclipsée aussitôt, alors qu’il tend sa main griffue pour désigner le pendentif que le jeune homme en face de lui avait.

— Toi tu portes bien une dent autour du cou.
— Mais c’est pas une dent de harpie ça, c’est une dent d’renard, c’est celle du premier que j’ai attrapé quand j’avais neuf ans, rien à voir. On est pas des monstres tu sais.
— T’as attrapé un renard à neuf ans ??

— J’te l’avais pas raconté ?



Nous, les harpies, nous vivons en Sibérie orientale.

Je sais, ça peut sembler étrange de nous imaginer dans cette région là, mais après tout, c’est un peu de votre faute à vous, les humains. Vous et nous, ça ne fait pas très bon ménage, surtout que vous avez tendance à vous étaler un peu. Avouez. Cette envie de conquérir, d’explorer, c’est franchement agaçant vous savez. Nous, les harpies, nous sommes un minimum polies et galantes, alors on a fini par vous laisser faire. Au lieu de partager, on a prit ce qui nous convenait plus où moins dans ce qui restait, le seul endroit où l’on peut voler tranquille sans risquer de trop vous croiser.

Ce n’est pas qu’on ne vous aime pas, mais vous avez peur de nous, alors forcément, nous avons peur de vous. Je ne sais pas qui a commencé, je sais juste que mes arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-grands-parents, ou peut-être ceux d’encore avant même, j’ai oublié, ont été chassé de l’île où l’on vivait en Grèce il y a très longtemps, et que depuis, entre nous deux, ça ne va plus trop. Ça irait si l’on pouvait cohabiter sans s’adresser la parole, en se regardant du coin de l’œil, mais vous avez la fâcheuse habitude de vouloir à tout prix nous descendre dès qu’on survole une de vos villes, pour nous faire on ne sait quoi.


Alors nous vivons en Sibérie orientale.


Moi, je ne m’en plains pas. J’aime beaucoup l’endroit où l’on vit, quelque soit la saison.
C’est en été que l’on risque le moins de se croiser, vous et moi. Durant les beaux jours, on s’éloigne le plus possible des plaines où se situent les rares hameaux, pour aller loin dans les terres, près de la rivière Suntar. C’est un peu les vacances, là-bas. Il y a un lac gigantesque, des forêts immenses, où ça sent le sapin, la mousse et la pierre ; un véritable paradis sur Terre, enclavé dans les montagnes, comme si quelqu’un avait voulu que cet endroit reste encore un peu à nous. J’aime cet endroit. À la folie. C’est le seul endroit que je connaisse où il y a de l’herbe, du vert, du bleu, toutes les couleurs qui meurent lorsqu’il fait froid. Vous vous êtes déjà laissés tomber dans l’herbe, après l’avoir attendue six mois ? Quand je le fais, j’ai l’agréable sensation de mourir, le temps de l’impact des omoplates contre le sol vivant, et quand je rouvre les yeux, je respire à nouveau.


Et puis il y a l’hiver. Parce que là où l’on vit, tout le reste de l’année, c’est presque toujours l’hiver. C’est ma saison préférée. C’est la période où l’on est forcés de se rapprocher un peu de vous, les humains. En hiver, on s’installe à proximité du seul village dans les environs : Oïmiakon. C’est bizarre comme nom, je sais, mais c’est vous qui l’avez trouvé, moi j’y suis pour rien. En tout cas c’est bien pratique, puisque la ville la plus proche de ce hameau est à plus de 650 kilomètres.
Ce n’est pas une visite de courtoisie, et comme on imagine bien que l’on ne sera jamais accueillies à bras ouverts, on se fait oublier autant que possible. Nan, si l’on revient chaque année, c’est pour manger. Il n’y a qu’ici qu’on a autant de choix : un peu de gibier, du bétail, des chevaux, des chiens de traineaux… On n’a plus qu’à se servir. C’est bien pratique, car c’est compliqué de chasser quand une tempête de neige s’abat sur vous et que la voie des airs est impraticable. Mes parents m’ont dit qu’une année, ça a avait été compliqué pour tout le monde, qu’il n’y avait pas plus de nourriture chez vous que chez nous, alors les ainés ont été obligés d’emporter un enfant avec eux. Perso’, j’ai du mal à voir mes ainés se comporter de cette manière, mais c’est ce qu’on m’a raconté…


Moi, je serais incapable de faire ce genre de chose.
En vérité, je vous aime beaucoup trop pour ça.
Parce que déjà, je vous trouve incroyablement beaux. Vous avez les yeux, la peau, les cheveux de toutes les couleurs, toutes les formes, c’est comme si on avait joué aux dés à chaque fois ; aucune combinaison ne se ressemble. Dès que je croise l’un de vous, j’ai l’impression de découvrir quelque chose de nouveau, que je n’ai jamais croisé, et que je ne croiserai peut-être plus jamais. Alors je prends le temps. Vous ne faites pas assez attention à ça chez les autres, je trouve, mais j’imagine que ça doit vous sembler terriblement banal à force.
Vous faites énormément de jolies choses avec vos mains aussi. Nous, nous sommes vraiment maladroits sur ce plan là, c’est à en devenir jaloux. J’ai vu certaines personnes parmi vous peindre un paysage à la perfection, ou au contraire lui inventer de nouvelles teintes, modifier le réel, créer des mondes fous. J’ai du mal à savoir si vous réalisez ce genre de trucs… Vous avez tellement de chance, j’aurais vraiment voulu vivre de votre coté, même époque, même endroit, mais en étant né dans une famille humaine. Ça m'aurait plu d'avoir à m'habiller chaudement en hiver, à mettre des chaussures, et à aller à l'école, franchement.
Entre nous, la plupart des harpies n’ont pas conscience de la complexité de votre monde. Je vous l’ai dis, nous devons rester méfiantes, nous nous interdisons tout contact avec ce qui ne nous ressemble pas. En fait, la majorité d’entres nous vous méprisent. Vous leur apparaissez comme des êtres fragiles, médiocres, et pleins de vices. Je peux comprendre. Il parait que certains d’entres vous violent leur prochain, tuent leur prochain, pillent leur prochain. Quand nous sommes petits, nous les harpies, on nous terrifie avec des histoires effrayantes, pour tuer dans l’œuf la curiosité. Vous endossez le rôle du Grand Méchant Loup dans la plupart de nos contes, vous savez ? Et ça fonctionne plutôt bien, on y croit. Plus on grandit, et plus on vous déteste.


Enfin moi, on peut me raconter des histoires terrifiantes, jamais je n’arriverais à vous détester. Je suis bien trop curieux pour ça.
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