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II — the way it was

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Localisation : entre les murs
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MessageSujet: II — the way it was   Mar 15 Déc - 1:16



sur les toits //crépuscule — caïn & fayren

Les derniers barreaux de l'échelle, il y est presque. Encore à la traîne. C'est qu'il a du mal à suivre des fois, Caïn, faut l'avouer. Y a des moments Fay va un peu trop vite pour lui. C'est comme ça depuis quelques semaines déjà, depuis quand exactement il en sait rien, mais ouais, il a remarqué qu'un truc avait changé.

Fay ces derniers temps il le fait crapahuter aux quatre coins de la zone de quarantaine, ils arrêtent pas d'explorer tout un tas d'endroit, de ramener tout un tas de truc dans leurs sacs à dos. Y a même des jours où Fay il part à l'aventure tout seul tôt le matin avant que le soleil ne se lève, et il revient pas avant la nuit tombée. Enfin ça va, parce que jusqu'à aujourd'hui il est toujours revenu.

Caïn peut pas s'empêcher d'angoisser dès qu'il voit le lit superposé au dessous du sien vide lorsqu'il se lève, parce que Fay en ce moment il parle de plus en plus de leur idée de quitter la zone. Quasiment tout le temps en fait. Il préfère rien dire, mais ça le désempare de plus en plus. Peut-être que c'est ce défaitisme ambiant qui déteint sur lui mais il se dit que leur rêve d'aventure c'est rien qu'un rêve, un projet un peu fou comme on en fait des tas quand on est encore qu'un gamin, et puis ça nous passe. Des fois il a envie de dire à Fay que les adultes ont raison, qu'y a rien pour eux derrière les murs, qu'il vaut mieux se contenter du pas grand chose qu'on a à l'intérieur. Mais non, parce que Fay va le traiter de dégonflé et se moquer de lui, comme toujours quand il hésite.

Il arrive finalement en haut, et la rouille lui reste dans les paumes de ses mains lorsqu'il s'agrippe une dernière fois à l'échelle pour se hisser sur le toit de l'immeuble. Ébloui une seconde à peine, parce qu'on est souvent à l'ombre lorsqu'on déambule dans la ville et qu'il voit le soleil pour la première fois de la journée, et puis le paysage apparait sous ses yeux alors qu'il s'acclimate à la lumière dorée du crépuscule. Des immeubles délabrés à perte de vue, une scène qui pourrait en déprimer plus d'un, mais lui il trouve ça génial, juste magnifique. Il s'avance, voit Fay dos à lui, assis un peu plus loin sur le conduit d'aération, sur lequel il monte à son tour pour s'installer juste à coté. Avant de capter que cet enfoiré était en train de s'en griller une.

— Putain t'es sérieux, où t'as eu les cartes de ravitaillement pour t'payer ça ??
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MessageSujet: Re: II — the way it was   Jeu 17 Déc - 2:21
Fayren il a ce coté égoïste, cet instinct de survie qui l'amène à penser des choses horribles parfois, qui l'encourage à se comporter comme un bel enfoiré. Ces envies de planter ses proches dans le dos pour sauver sa peau. C'est pas cool à dire ni à entendre mais faut l'admettre : il est comme ça. Dans le lot de qualités et de défauts, tout au dessus du tas, y a cet aspect borné, cet entêtement qui influence tout le reste. Il a un objectif, il s'y tient, quitte à devoir faire des sacrifices, parce qu'une idée qui ne reste qu'une idée ça il supporte encore moins.

Alors en ce moment il cogite. Il fait que ça en fait, tout le temps. Dès le petit-déjeuner avec les autres jeunes à l'orphelinat de la zone de quarantaine, alors qu'il part en vadrouille en douce dans la ville, seul ou accompagné, quand il rentre, quand il se couche et qu'il fixe des heures le sommier du lit de Caïn au dessus du sien. Ça grandit dans un coin de sa tête, ça régit toutes ses décisions, tous ses choix.
Si ils attendent trop ils sont foutus. Il a eu 18 ans y a trois mois, Caïn en a à peine 17 mais ça va passer vite. Et bientôt on leur mettra un gun dans les mains si ils sont à la hauteur, pour surveiller les gens dans la zone dans le meilleur des cas, pour sortir nettoyer les environs et chercher de la bouffe si on estime qu'au fond, ils sont loin d'être une grosse perte pour l'humanité. Fay penche plutôt pour la seconde option. Quand t'es un gamin qui a grandi dans l'orphelinat tu finis sois tueur sois tué, c'est pas bien compliqué.

Du coup faudrait partir. Tout seul, éventuellement. C'est un scénario qui se profile dans ses songes depuis quelques temps et il est de plus en plus convaincu que c'est le meilleur de tous. Caïn est pas débile, il peut se débrouiller tout seul, pas vrai ? Peut-être... Et si il ne peut pas, raison de plus pour déguerpir en mode solo. Il a ce qu'il faut, il s'est pas baladé pour rien, il a rassemblé un max de matos. Il a osé faire ce que Caïn et lui s'étaient promis de jamais tenter, il est allé forcer sans lui des appart' dans les quartiers non surveillés. Roulette russe. Pour le moment, que de la chance, jamais un résident oublié pour lui souhaiter la bienvenue, et il a un sac à dos pleins de vivres et de trucs utiles cachés sous son lit. Il serait prêt à partir demain même. Demain, ouais, pourquoi p...

"Putain t'es sérieux, où t'as eu les cartes de ravitaillement pour t'payer ça ??"


Arraché de sa réflexion, il manque de se cramer les doigts avec la clope en question, reporte un regard un peu désemparé sur Caïn l'espace d'une seconde avant de lever à nouveau les yeux vers le panorama sur la ville en ruine, fronçant les sourcils.

"T'avais qu'à te lever l'autre jour quand j'suis parti m'balader à l'aube, t'aurais été là quand j'en ai trouvé une cartouche entière."

Sous l'évier dans un appartement dont il a forcé la porte avec un pied-de-biche mais ça Caïn a pas besoin de le savoir. Et puis tant mieux, qu'il soit pas venu. Si on les avait choppé ils auraient eu des emmerdes.
Il tentait d'avoir l'air blasé par la remarque du mini-blond mais finit par fouiller dans la poche de sa veste, fronçant les sourcils, faussement clément, il en sort un petit paquet de cigarettes déjà pas mal entamé et tout écorné. Sa clope à lui entre les dents, il donne une pichenette sur le fond du paquet pour en faire dépasser une et la tend à Caïn.

"Mais tiens vas-y, tu m'fais pitié."

Il le regarde se servir, remet tout à sa place, continue de fumer la sienne en observant le ciel passer par tout un camaïeu de oranges, ailleurs. Dans ses pensées, dans ses plans, et puis non en fait, on va s'arrêter deux minutes et juste apprécier la vue. Le silence s'installe entre eux, ça arrive. Ils sont grandes gueules et peuvent passer des heures à blablater en marchant mais quand ils se posent ils sont capables de souffler et fermer un peu leurs bouches, ça fait du bien. Et il ne peut pas s'empêcher de se dire que derrière les murs il doit y avoir des choses encore plus belles.

"J'pense qu'y a un matin j'vais partir Caïn. Pour de vrai j'veux dire.



Once upon a time, I had somebody that I cared about... It was a partner. Somebody I had to look after. And in this world, that sort of shit's good for one thing: Gettin' you killed.
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MessageSujet: Re: II — the way it was   Mer 10 Fév - 21:21

Il avait prit la cousue sans un mot, la coinçant entre ses lèvres le temps de sortir un zippo chapardé sur le marché noir de la poche de sa parka militaire. Il l’ouvre d’un geste sec, une légère pression du pouce et la mèche s’enflamme tout à coup. Il l’approche de l’extrémité de la clope qui s’allume et crépite lorsqu’il inspire doucement. Le zippo retombe au fond de sa poche, il relève la tête. Pince le filtre entre son pouce et son index pour l’éloigner de sa bouche, et expirer. Ils sont si jeunes, c’est triste que ces gestes d’adultes intoxiqués soient si naturels chez eux. Mais ils sont pas désespérés. Le poitrail qui se gonfle d’air frais, les arbres derrière les murs, les immeubles, immenses dominos de béton et de verre. Silence. Le ciel en feu.

— J’pense qu'y a un matin j'vais partir Caïn. Pour de vrai j'veux dire.

Comme si quelqu’un avait empoigné son cœur et le serrait fort tout à coup, rien qu’une seconde. Il pouvait entendre l’égoïsme de Fayren dans cette remarque anodine, il a ce coté chacun pour sa gueule qui vous heurte sans prévenir parfois, il s’y est fait, Caïn, parce que ça n’allait jamais trop loin. C’était jamais "j'te plante pour sauver ma peau".

Y a une première fois à tout.

Son regard se reporte direct sur son ami, éclipsé aussitôt le paysage et les projets fous, parce que sans la personne à coté de lui ça ne le tente même plus. L’affolement dans le regard, et ses sourcils se froncent. Déboussolé. Il ne sait pas si il doit se mettre en colère, ou en rire, ou en pleurer. Pour le moment il n’y a qu’une rage sourde dans sa voix.

— Ouais c’est ce qu’on avait prévu. Un matin on va partir. Pour de vrai.


The plants have died, My hair has grown, From the thought of you Coming home
Cuz it ain't easier Waking up at dawn To find I lost my crown
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II — the way it was

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