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 Léolicia #1 — Can't Pretend

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Localisation : Dans le lit de Semette
Messages : 31
MessageSujet: Léolicia #1 — Can't Pretend   Jeu 30 Juil - 22:47
Les pieds qui claquent à chaque impulsion, le souffle accéléré au rythme d’une respiration saccadée, et Felicia a beau être habituée au sport, elle sent quelque chose cloche. Un truc ne tourne pas rond. Elle a juste la conviction incertaine d’être bousculée dans ses sensations, l’impossibilité de retrouver ses habitudes corporelles alors qu’elle promène un regard anxieux sur les alentours.

Quelque chose cloche, la belle étoile vacille - et, aussi souriante qu’à l’accoutumée, aussi rapide, aussi joyeuse malgré la maturité nouvelle qui donne à ses sourires un côté plus réservé, elle sait que la raison est toute autre. Elle s’active, ralentit au rythme de l’énergie qui se dissipe, tente d’effacer ce sentiment presque nouveau à l’aide d’une brute précipitation - un revers de main dont la vitesse suffirait à lui faire oublier la souffrance.
C’est devenu une habitude, une façon de se voiler la face, parce qu’elle ne supporte plus tout ça, parce que malgré tout le contrôle qu’elle exerce, la brillance, l’aide apportée comme un soutien pour une âme déjà scindée par toute cette culpabilité qu’elle tente bon an mal an de faire disparaître, ses démons refusent de la laisser en paix.

L’effet d’une violente claque dans son visage enfantin - hématome nouveau, à l’image des dommages causés à son coeur. L’effet de broyage, sentiments écrasés par ce refus de lâcher, cette gentillesse si grande qu’elle refuse même d’écarter ses propres vices au point d’en écarter le bonheur. Elle ne peut qu’avancer, s’aveugle de sourires avec juste assez de fausseté pour qu’on en voit une demande silencieuse de soutien. Trahie par ses propres désirs, le masque qui s’envole au gré d’une pulsion de désespoir qu’un manque de confiance amène.

Un flash.
Et elle s’appuie, se relance, l’esprit de nouveau éveillé.
Un bond.
Et elle tangue, se relance, le doute à nouveau réveillée.
Une chute.
Et elle jure, se redresse, tremblante, la peur ravivée.

Elle observe l’environnement familier, ces couloirs qu’elle connaît si bien qu’elle finit par en oublier la distance - et tout lui semble proche, à portée d’un nouvel effort que son corps refuse de fournir.
Elle a l’esprit si rapide qu’il lui est insupportable l’idée de rester au sol, et elle force, se pousse à bout, traînant sa faible carcasse jusqu’à la salle la plus proche. La porte à peine bougée sous le joug de sa maigre épaule, elle a tout juste la force de jeter un coup d’oeil au quadruple environnement saisonnier avant de s’y laisser tomber.

Elle regarde droit devant comme un défi, refoule les larmes qui lui montent en serrant les lèvres dans un besoin de fermeté. Elle s’est promise de ne pas craquer, se hurle de rester stoïque face à cette adversité, mais sa respiration affirme la réalité simple et elle est forcée de se plier. Les yeux peinent à rester ouverts, la gorge sèche à force d’efforts et d’une supplication intérieurement répétée.
Elle cligne, cille, les yeux battant incessamment dans l’effort désespéré de rester debout, battant, battant...

***

Elle n’avait jamais aimé le blanc. La pureté, notion idiote inexistante, la couleur hypocrite d’une entité incapable de se maintenir dans un monde submergé de sombres couleurs. Son esprit dans les brumes se souvenait du bref bilan qu’on lui avait dressé mais c’est son corps qui lui rappelait mieux que toute autre sa situation terrible.

C’est la désagréable impression d’avoir perdu un bout, le sourire qu’elle refuse d’afficher face aux silhouettes qui défilent dans sa chambre - elle peine à tenir le coup, et la désagréable impression d’un vieux film au son robotique se termine par un très clair « les visites vous sont interdites pour l’instant ».
Elle ramène sa couette jusqu’à son nez, lâche un bref soupir qui se répand dans l’air conditionné d’une pièce aussi vide que ses pensées actuelles - jusqu’à ce qu’elle ait celle-ci. Alors, elle s’active, tente de raviver les dernières vestiges de sa mémoire en secouant la tête qu’elle ramène un peu trop brutalement contre son coussin. Parce qu’elle sera seule, pour les heures à venir - seule dans sa peur la plus terrible.

Il fait presque nuit, elle le voit par la fenêtre.
Il fait presque nuit, et elle ne s’est jamais sentie si mal.
pv léocade •• #.E98D64


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